4 posts tagged “aide”
|
|
Entre 2000 et 2007, 770 millions d'euros, soit 5,5 % seulement des crédits distribués par le neuvième Fonds européen pour le développement (FED), ont été affectés au secteur de la santé, alors que l'objectif était d'atteindre 15 %. Le FED est l'instrument principal de la politique de développement menée par l'Union européenne dans la zone Afrique-Caraïbes-Pacifique (ACP).
Si on ajoute à cela l'appui budgétaire accordé aux Etats, le montant total de l'aide européenne au secteur de la santé a atteint au cours de cette période entre 1,1 et 1,2 milliard d'euros, selon le rapport, qui souligne la difficulté de s'y retrouver dans la complexité des circuits de financement.
La direction générale de l'environnement à Bruxelles estime que, pour être en mesure d'offrir des services de santé de base à leur population, trente-deux pays africains auraient besoin de 9,67 milliards d'euros même si leurs gouvernements consacraient, comme ils s'en sont fixé l'objectif, 15 % de leur budget national à la santé. Compte tenu de ces besoins, la Cour des comptes déplore que la Commission "ne joue pas un rôle essentiel alors qu'elle fait partie des cinq principaux bailleurs de l'Afrique avec la France, le Royaume-Uni, les Etats-Unis et la Banque mondiale".
MANQUE D'EXPERTISE
L'effort accordé à la lutte contre les grandes maladies - sida, paludisme, tuberculose - s'est fait, souligne la Cour des comptes, au détriment du renforcement global des systèmes de santé. Même lorsque cela semblait peu justifié. Ainsi, "la Cour a constaté que pour lutter contre le sida, l'Ethiopie et le Mali ont reçu une aide extérieure supérieure au montant total de leur budget national de la santé alors que les taux de prévalence du VIH y étaient relativement faibles".
Le manque d'expertise des fonctionnaires de la Commission est aussi présenté comme une des grandes faiblesses du dispositif européen. Le cas du Burundi, où la délégation européenne ne dispose d'aucun expert des questions sanitaires, illustre, parmi d'autres exemples, une situation jugée trop fréquente par la Cour des comptes.
Enfin, en ultime critique, le rapport déplore avec force l'absence de cohérence dans l'utilisation des différents instruments d'aide au secteur de la santé mis en oeuvre par la Commission. Dans une réponse reproduite à la fin du rapport, cette dernière répond point par point aux critiques formulées par la Cour des comptes. Sans véritablement les récuser.
-------------------------------------------------------------------------------------------------------------------
Concernant la lutte contre les 'grandes maladies', mon expérience en Tanzanie va plutôt dans le même sens. Cette lutte est organisée en 'programmes verticaux', c'est à dire qu'ils sont gérés plus ou moins directement du ministère sans vraiment de concertations au niveau local. Comme les donneurs mettent beaucoup d'argent dans ces programmes (censés être plus efficace, plus facile à suivre), ces programmes ont 'la priorité' sur les autres activités des services de santé. Ainsi, il nous est souvent arrivé de devoir annulé nos formations prévues de longues dates car nos formateurs étaient "réquisitionnés" par les activités d'un des programmes verticaux. Désorganisant ainsi tout le plan de travail trimestriel du service santé au niveau local. Donc tout cet argent non seulement ne va pas autant qu'il le devrait au 'renforcement des systèmes locaux' mais il contribue même pour une part à la désorganisation. Evidemment je n'ai pas de 'solution miracle', les programmes verticaux ont aussi des avantages mais en tout cas je voulais décrire la situation 'sur le terrain' à ce sujet.
Du site web de la CTB :
La décentralisation, clé d’accès à plus de démocratie
La réforme des administrations locales en Tanzanie
Depuis une dizaine d’années, la ‘décentralisation’ apparaît souvent comme la formule qui permettra d’améliorer les services publics au Sud et de garantir plus de démocratie pour les citoyens. Évidemment, la ‘décentralisation’ n’est pas la panacée pour tous les pays en développement et heureusement, des variantes très diverses sont appliquées dans les différents pays. La Tanzanie vit depuis la fin des années ‘90 son propre processus de décentralisation, qui connaît un succès grandissant.

La Belgique est un des partenaires du programme de réforme des administrations locales (Local Government Reform Programme - LGRP). Ce programme de réforme, auquel la Belgique apporte depuis 2007 une assistance technique, a été élaboré en 1997, quelques années après l’introduction du pluripartisme en Tanzanie. La clé de cette stratégie de réforme est la 'Decentralisation by Devolution'. Le but est de rendre les autorités de district responsables du développement économique et social, à l’aide de la décentralisation des responsabilités et des moyens du niveau national vers le niveau des districts. De meilleurs services publics doivent ainsi également se mettre en place, avec une responsabilité accrue envers les citoyens.
Un élément important de cette réforme est le Local Government Capital Development Grant (LGCDG). Ce système a été mis en place début 2005 en tant que petit paquet de subsides multisectoriels pour 47 districts, et a déjà été étendu à l’ensemble des 132 districts après 3 ans. Tous les ans, des fonds sont attribués à chaque district à des conditions identiques, sur base des chiffres de population, de la surface et du nombre de personnes vivant sous le seuil de pauvreté. Le district peut alors utiliser ces fonds en fonction de ses propres priorités afin de mettre en oeuvre des plans de développement locaux.
De cette manière, les communautés locales ont accès à de meilleurs services publics et les autorités locales ont l’occasion de développer leurs propres capacités. Le système de subsides comprend également des allocations sectorielles, comme pour l‘agriculture ou les travaux hydrauliques. Même au sein de ces secteurs, les autorités locales peuvent définir leurs propres priorités dans de certaines limites. L’objectif est que d’ici 2010, un quart du budget public national passe directement aux districts.
Ces transferts financiers aux autorités locales contribuent activement à la démocratisation et à la lutte contre la corruption en Tanzanie. Les conseils de districts doivent maintenant décider eux-mêmes de la façon dont les fonds sont utilisés, et doivent justifier leurs choix envers les citoyens. Ce système offre plus de liberté aux districts pour définir eux-mêmes les priorités afin de mener une politique adaptée aux nécessités locales. En même temps, le citoyen reçoit la possibilité de contrôler la façon dont les fonds sont utilisés et il peut en tenir le conseil de district responsable. Ceci contribue à la lutte contre le détournement des fonds publics.
Le système de subsides est entièrement géré par les autorités tanzaniennes. Ce sont également les autorités centrales qui définissent les conditions auxquelles les districts doivent répondre pour recevoir des fonds. La contribution des donateurs internationaux est strictement financière.
Le système de subsides tanzanien est donc en totale conformité avec la Déclaration de Paris, qui vise un alignement maximum des différents donateurs avec les procédures et instituts nationaux ainsi qu’un leadership marqué du pays partenaire dans sa propre politique de développement.
Par le biais du programme de coopération 2003-2007, la Belgique a libéré 10 millions d’euros afin d’appuyer le système de subsides. Les autres donateurs sont l’Union européenne, les Pays-Bas, La Norvège, la Finlande, la Suède, l’ Allemagne et l’ Irlande.
-------------------------------------Bon ca c'est la théorie. Au niveau des districts, tout ne se passe pas aussi facilement qu'on en a l'impression dans cet article.
Par exemple, en ce moment, il y a des problèmes dans mon district au niveau des écoles secondaires. Elles étaient gérées au niveau central jusqu'à présent et passent en ce moment au niveau du district. Mais la gestion de ce passage n'est pas évidente. Personne n'a plus l'air de savoir qui est vraiment responsable. Du coup, l'affection de nouveaux prof dans les différentes écoles est retardée et d'après ce que j'ai compris ils n'ont pas vraiment d'idée qd et comment ca va être réglé. Cela dit, c'est un problème d'ajustement compréhensible..
Article du New York Times : http://www.nytimes.com/2008/02/18/world/africa/18prexy.html?_r=1&oref=slogin
Tanzanian women wore commemorative outfits as they awaited President Bush’s arrival late Saturday in Dar es Salaam.
DAR ES SALAAM, Tanzania — President Bush has been smothered with affection here, never more so than on Sunday, when he sat at a wooden desk under a sweltering sun with President Jakaya Kikwete by his side and signed a $698 million grant of foreign aid to Tanzania.
But while people here in the capital city of this East African nation are excited about Mr. Bush, another American politician seems to excite them even more — Senator Barack Obama.
Mr. Bush is on a six-day, five-country tour to spotlight American efforts to fight poverty and disease in Africa. Though the president’s face is on billboards all over town, the name Obama is on the lips of Tanzanians — from taxi drivers to city merchants to the artisans who sell wooden Masai warriors in makeshift stalls at a dusty open-air market on the outskirts of town.
Halfway around the world, Mr. Bush cannot escape the race to succeed him.
“It seemed like there was a lot of excitement for me — wait a minute, maybe you missed it!” he said, only half in jest, on Sunday, after Mr. Kikwete was asked about Mr. Obama during their joint news conference here.
To be sure, there is excitement about Mr. Bush. The White House says foreign aid to Africa doubled during his first term and will nearly double again, to $8.7 billion a year by 2010, if his budget proposals are adopted. The $698 million agreement he signed Sunday is the largest grant awarded so far by the Millennium Challenge Corporation, established to assist countries that embrace democracy and fight corruption.
Tanzania also benefits from Mr. Bush’s global AIDS initiative, the President’s Emergency Plan for AIDS Relief, called Pepfar. Mr. Bush visited an AIDS clinic on Sunday to spotlight the program, which is to expire this year.
He called on Congress to reauthorize it and to keep intact a provision that sets aside one-third of money for AIDS prevention on programs that promote abstinence. Critics of that provision, including the independent Institute of Medicine, say it hampers prevention efforts.
“Pepfar is working,” Mr. Bush said at the news conference. “It is a balanced program. It is an A.B.C. program: abstinence, be faithful, and condoms.”
Africa is one corner of the world where, despite the war in Iraq, the image of the United States remains favorable — a point Mr. Kikwete made, ever so gingerly, to Mr. Bush.
“Different people may have different views about your administration and your legacy,” the Tanzanian president said. But Tanzanians, he said, believed that Mr. Bush and his administration “have been good friends of our country and have been good friends of Africa.”
Yet Africans, like many Americans, are already looking ahead to the next president of the United States. And, as in the United States, race and gender play a role in the debate. An unscientific sampling on Sunday turned up little mention of Senator John McCain and his fellow Republicans; but talk of Mr. Obama and his rival, Senator Hillary Rodham Clinton, was everywhere.
“I hear a lot of people say maybe the Americans are not yet ready to get a lady president or a black president,” said Ndesumbuke Lamtane Merinyo, a batik fabric designer displaying his wares at the upscale Kilimanjaro Hotel Kempinski overlooking the Indian Ocean, where the Bushes are staying. Of Mr. Obama, he said, “Africans feel like they might get more attention from America once America has a black president.”
Outside of town, at the Mwenge Village market, Theresa Maridadi, 62, was seated with a newspaper in her lap, debating the Democrats with her son, Lucas Kahtoza, who lit up at the mention of Mr. Obama’s name and put his hand to his chest.
“Remember, Obama is from Africa,” he said. “From my heart, it is good.”
His mother cut him off. “Why you want to like Obama because he come from Africa?” she demanded. She is for Mrs. Clinton: “Her husband was the president, she has more exposure. She’s mature, she’s a woman. It’s good for a woman to lead that country.”
President Kikwete’s minister for tourism and natural resources, Shama Mwangunga, shared the sentiment. “Even people in the villages, they watch between Obama and Clinton,” she said, waiting for Sunday’s news conference to begin. But she favors Mrs. Clinton, who visited Tanzania while her husband was president.
At least one Tanzanian refused to weigh in on the race — Mr. Kikwete. After a subtle warning from Mr. Bush to steer clear, he artfully ducked Sunday’s news conference question.
“Well, I don’t think I can venture into that territory, either,” he said. “Of course, people talk with excitement of Obama — well, our excitement is that President Bush is at the end of his term, and the U.S. is going to get a new president, whoever that one is. For us, the most important thing is, let him be as good a friend of Africa as President Bush has been.”
Deux articles du Monde qui parlent du dernier rapport sur le développement de l'OCDE.
En même temps, c'est un peu drôle ce rapport, vu que c'est l'OCDE qui pose les bases 'théoriques' de l'aide qui sont ensuite reprises par les différents pays et coopérations.
Donc si ça marche pas si bien, ca vient aussi de là.
Pour les plus motivés, le lien pour trouver ce rapport est ici.
Bonne lecture.
-------------------------------
L'aide au développement n'est pas adaptée aux besoins
Oui, les 104,4 milliards de dollars (71,2 milliards d'euros) dépensés en 2006 par les vingt-deux membres du Comité d'aide au développement (CAD) de l'Organisation de coopération et de développement économique (OCDE) ont amélioré les conditions de vie des populations les plus pauvres.
Le pourcentage des personnes vivant avec moins de 1 dollar par jour a baissé, passant de 29,6 % de la population mondiale en 1990 à 19,4 % en 2004. Le taux de scolarisation dans le primaire est passé, dans le même temps, de 79 % à 86 %. Le nombre de décès imputables à la rougeole est revenu de 757 000 en 2000 à 242 000 en 2006, soit un recul de 68 % - et même de 91 % pour l'Afrique subsaharienne seule.
Mais ces progrès ne suffisent pas, malgré les efforts pour rendre l'aide plus efficace. Telles sont les principales conclusions du Rapport 2007 sur le développement de l'OCDE publié jeudi 14 février.
Car "l'aide publique au développement", ces subventions versées par les pays riches sous diverses formes aux pays pauvres, connaît des hauts, des bas et de nombreuses ambiguïtés.
Par exemple, les Etats-Unis sont bien les plus généreux en chiffre absolu, mais si on rapporte leur contribution au produit intérieur brut, ils figurent en queue de peloton et laissent aux pays nordiques, Suède en tête, la palme du volontarisme et à l'Irlande le ruban bleu de la plus forte progression en une seule année (+ 36,9 %). La France figure un peu au-dessus de l'aide moyenne des pays donateurs.
Qui plus est, Richard Manning, président du CAD, souligne dans sa présentation du rapport qu'il faut relativiser ces chiffres. Les 7 milliards de dollars attribués au total à l'Irak en 2005 et en 2006 faussent la perspective. Et les annulations de dette (une trentaine de milliards de dollars majoritairement destinés à l'Irak et au Nigeria) améliorent certes le crédit des pays qui en bénéficient, mais ne leur apportent pas d'argent frais.
C'est d'ailleurs l'épuisement progressif de ces annulations de dettes qui explique que le montant total de l'aide publique mondiale ait reculé d'un maximum de 107,1 milliards de dollars atteints en 2005 à 104,4 en 2006. Et un nouveau recul pour 2007 doit être annoncé au printemps.
M. Manning prévient que les vingt-deux pays donateurs du CAD auront beaucoup de mal à tenir leurs promesses d'aide effective (hors aide humanitaire, allégements de dette, coûts administratifs de l'aide, coûts de réfugiés et des étudiants) à l'horizon 2010. Pour être au rendez-vous, il leur faudrait augmenter chaque année cette aide de 12 %, ce qui semble hors de portée dans ces temps où l'équilibre budgétaire prime.
L'aide des Etats est devenue plus efficace, à l'exemple de celle du Royaume-Uni qui, depuis 2002, a adopté une loi donnant un mandat clair et un rôle de chef de file au "Département pour le développement international" au sein du gouvernement. Le Royaume-Uni s'interdit dorénavant de recourir à l'aide au développement pour obliger les pays bénéficiaires à passer des contrats d'approvisionnement auprès d'entreprises britanniques.
L'EXEMPLE DE LA SANTÉ
Le domaine de la santé illustre les évolutions contrastées de l'aide. Les apports de fonds y sont passés de 6 milliards de dollars en 1999 à 13,4 milliards en 2005. Ce gonflement a été le fait de nouveaux acteurs et de nouveaux partenariats mondiaux, tels l'Alliance Gavi (vaccins), le Fonds mondial de lutte contre le sida, la tuberculose et le paludisme (FMLSTP), l'Emergency Plan for AIDS du président Bush ou la Fondation Bill et Melinda Gates. Ces nouvelles structures, qui veulent apporter l'aide au plus près des besoins et si possible sans intermédiaires éventuellement prédateurs, apportent le quart de l'aide publique à la santé.
Mais ce foisonnement risque paradoxalement d'aggraver la situation sur le terrain. Le rapport du CAD note en effet que ces fonds privilégient des domaines (le sida, par exemple) qui ne correspondent pas aux priorités des gouvernements des Etats destinataires. Ainsi, au Rwanda, le fonctionnement des hôpitaux ou la formation des personnels de santé restent sans moyens. "Il est impératif de veiller à l'appropriation locale", notent les auteurs du rapport, où l'on peut lire que le principal défaut des interventions destinées aux victimes du tsunami de 2004 était la méconnaissance du contexte local dont ont fait preuve les organismes distribuant l'aide. La générosité n'exonère pas du devoir d'intelligence.
Enfin, François Bourguignon, directeur de l'Ecole d'économie de Paris et ancien économiste en chef de la Banque mondiale, a commenté le rapport du CAD en appelant à se méfier d'une recherche de l'efficacité à tout prix. "Ce sont les pays fragiles, où l'aide est la moins "efficace" en raison de leur difficulté à l'utiliser qui en ont le plus besoin, a-t-il souligné. Leur imposer des conditions sévères de gouvernance pour l'octroi de l'aide publique conduirait à laisser ces pays très pauvres sur le bord du chemin, ce qui serait inacceptable."
-----------------------------------------------------Une aide à repenser
Doivent faire plus et mieux. Telle est la principale conclusion qui s'impose à la lecture du rapport de l'Organisation de coopération et de développement économique (OCDE) sur l'aide publique au développement. Certes les pays riches donnent davantage qu'auparavant. Une centaine de milliards de dollars en 2006. Mais si l'on enlève les remises de dettes et le cas particulier de l'Irak, les versements nets des pays de l'OCDE n'atteignent que 70 milliards de dollars, contre 57 milliards en 2002. Les "objectifs du Millénaire" fixés par l'ONU en 2000, notamment la diminution de 50 % de la pauvreté en 2010, ne seront pas atteints. Cela nécessiterait 25 milliards de dollars supplémentaires d'ici à deux ans. Les pays riches n'y sont pas prêts.
Faire plus s'impose. Mais cela ne suffit pas. Il faut également repenser l'aide au développement. Trois évolutions récentes l'exigent. La première est que les pays riches n'ont plus le "monopole du coeur". De la Fondation Bill et Melinda Gates (qui apportera 3 milliards de dollars par an) à de nouveaux pays donateurs comme le Vietnam, les sources de financement se multiplient. Même en Occident, l'aide change. Les opinions publiques privilégient des dons ciblés, comme l'ouverture d'un hôpital ou d'une école plutôt qu'une aide à un gouvernement, dont ne sait trop dans quelle poche elle tombe réellement. Cette fragmentation de l'aide est-elle source d'efficacité ou au contraire de gaspillages et de doublons ? Les deux thèses coexistent.
Deuxième raison : en 2000, les objectifs du Millénaire reposaient sur un consensus implicite, à savoir que pour sortir de la pauvreté, les pays les moins avancés devaient avant tout participer à la mondialisation des échanges. Si cela reste vrai, des voix de plus en plus nombreuses estiment que l'on a mis la charrue devant les boeufs : sans infrastructures et sans politique sanitaire dignes de ce nom, impossible, pour les pauvres, de profiter de la globalisation.
La troisième raison est le réchauffement climatique. La lutte contre la pauvreté et celle contre le réchauffement de la planète ont jusqu'ici été traitées séparément. A tort, ne serait-ce que parce que les pauvres seront les premières victimes des aléas du climat. Bono et Al Gore, les deux figures emblématiques de ces engagements citoyens, conviennent qu'ils doivent travailler ensemble. C'est le grand dossier de 2009.
Sur ces questions, il y a une absente de taille : l'Europe. Les pays européens restent pourtant les principaux donateurs de la planète. Malheureusement, chacun gère ses intérêts - schématiquement, chacun a ses pauvres -, et l'Union n'a pas voix au chapitre. Pourtant, comme dans d'autres domaines, si elle veut demain exister face aux Etats-Unis et à la Chine, elle n'a pas d'autre choix que d'unifier ses pratiques.