14 posts tagged “contexte”
Il y a quelques mois un groupe de blancs sont venus en Karagwe.
Ils se sont rendus dans une carrière de sable près de mon village. (bientot 1 photo de ladite carrière)
C'est un coin un peu perdu et il faut vraiment connaitre le coin pour y arriver.
Pourtant, d'après mes sources, ils n'étaient pas accompagné par des tanzaniens.
Ils sont arrivés en fin d'après midi. Puis ils ont pratiqué une cérémonie qui
impliquait le sacrifice d'une chèvre. Ils ont dormi dans la carrière et sont repartis
le lendemain.
Qui étaient ils ? Que faisaient ils là ?
Mystère...
C'est un chant de sensibilisation. C'est un bon moyen pour partager des connaissances sur la santé.
En ce moment, un équipe du district sillonne le coin pour distribuer des flyers, et des posters pour sensibiliser la population aux problèmes de santé.
Un groupe va avec eux pour jouer 'en live' et pendant qu'ils roulent ou qu'ils préparent, ils utilisent ce type de chanson, j'en remettrai peut etre d'autres tantot mais c'est assez lourd à uploader.
Il y a quelques mois, je lisais un bouquin d'Alexander McCal Smith, the N°1 ladies detective agency, peut etre Tears of the Giraffe. Très bien. Dans ce livre, une des affaires était la disparition d'un enfant dans le bush. Il apparaissait que les grigris étaient plus puissants s'ils étaient fait à partir de bouts d'un corps humain.
Ci dessous, la réalité rattrappe la fiction !!Tanzania in witchdoctor crackdown
Many albinos live in fear in Tanzania
|
Tanzania's president has ordered a crackdown on witchdoctors who use body parts from albinos in magic potions to bring people good luck or fortune.
"This is senseless cruelty. It must stop forthwith," Jakaya Kikwete said on television, AFP news agency reports.
"I am told that people kill albinos and chop their body parts, including fingers, believing they can get rich when mining or fishing," he said.
The order comes after the murder of 19 albinos in the last year.
The BBC's Vicky Ntetema in Dar es Salaam says there is a widespread belief in Tanzania that the condition is the result of a curse put on the family.
Some people hide the albino members of the family for fear of them either being rejected by the community or killed.
Old women with red eyes have been killed in parts of Tanzania, after being accused of witchcraft, she says.
In the past, Tanzania's Albino Society (TAS) has accused the government of turning a blind eye to the killing of albinos.
There are more than 8,000 registered albinos in Tanzania, although TAS believes there to be 150,000 among the country population of some 35m.
Source : http://news.bbc.co.uk/2/hi/africa/7327989.stm
En francais :
Tanzanie
Tanzanie : le président ordonne la fin des exactions contre les albinos
Source : http://www.afrik.com/breve12911.html
J'en peux plus de cette église non identifiée dans la vallée !!
Depuis une semaine, ils chantent et discourent du matin au soir !!!
Ca commence un peu avant 6h30, ce qui me sert donc de réveil depuis 7 jours.. Grrr Et ca continue, continue, continue toute la journée. Bon souvent la journée je suis au bureau donc trop loin pour les entendre. Mais qd je rentre chez moi ils sont toujours bruyants. Les chants encore ca va, genre gospel, c'est sympa. Mais parfois, les discours se transforment en hurlements fanatiques. C'est assez fou.
Mon seul allié est le vent qui parfois souffle fort et emporte avec lui toute cette logorhée.
Lundi après midi vers 16h30 le petit Félix est mort.
Il y a deux mois quand j'ai rencontré ses parents, ce petit bonhomme d'un an se portait bien, juste un peu stupéfait de ma présence et de ma couleur probablement. Son père, Patrick, est un volontaire kenyan qui travaille ici depuis près de deux ans. Il travaille avec mon proprio dans une ong qui s'occupe des personnes âgées. Il est marié depuis un an et demi à une tanzanienne du coin qui travaille comme secrétaire. Un couple plutôt moderne donc.
Il y a un mois et demi, Félix est allé séjourné chez sa grand-mère, au village. A son retour une quinzaine de jours plus tard. Il me semblait pas très en forme.
Malgré l'insistance de Chandrika, une volontaire anglaise qui a habité avec eux à son arrivée et qui est la personne que je vois le plus ici, les parents ne l'ont pas conduit tout de suite à l'hôpital. Pour quelles obscures raisons ? Je ne sais pas trop. A priori, l'accès aux soins est gratuit pour les enfants de moins de 5 ans. A priori, Patrick et Jessica sont plutôt mieux informés que la moyenne des gens habitant dans mon district. Ils parlent anglais, travaillent dans le développement etc.. Manque de temps, de moyen pour aller à l'hôpital à 10km ? La encore ils semblent pouvoir se payer le trajet et Patrick a une moto.
Toujours est il qu'ils l'ont gardé patraque plus de 15 jours après son retour du village. Finalement, devant son apathie, ils l'ont conduit à l'hôpital. Il y est resté une dizaine de jours. Il a reçu les tests de malaria et pour l'estomac/intestin. Les deux étaient négatifs. Après l'avoir vaguement réhydraté j'imagine (au même moment Chandrika et moi on était malade (malaria / diarrhée du tonnerre) dans une salle de 15m² avec au moins 6 bébés malades, leurs mères et probablement familles, l'hôpital l'a renvoyé chez lui dimanche après midi, sans chercher plus loin les causes de son état. (parmi les tests qu'il aurait été possible de faire : typhoïde et probablement bien d'autres..)
Le lundi après midi, son état s'empirant, Patrick repart à l'hôpital pour voir s'ils peuvent le réadmettre et faire d'autres tests. En vain, trop tard, le temps du trajet, Félix est mort avec sa mère à ses cotés.
Chandrika et moi avons été prévenu peu de temps après par un sms lapidaire 'Felix is no more'. Autant dire que ça a été violent en particulier pour Chandrika qui a habité avec eux quelques temps et qui s'était bcp occupé de lui.
Il est mort malgré des conditions à priori plus favorables que pour bcp d'autres bébés, malgré des parents 'modernes', malgré des amis volontaires attentifs pour pousser les parents à l'action et prêts à les soutenir au besoin, malgré l'hôpital de référence à une dizaine de minutes de chez eux.
C'est aussi ça l'Afrique, des bébés meurent, malgré tout.
Du coup comme 'proches' des parents, nous sommes allés chez eux, à l'africaine. J'habite très près de chez eux. On est donc arrivé parmi les premiers avant que la nouvelle du décès ne se répandent auprès du reste de la famille, des amis, des voisins etc..
Évidemment c'était horrible. Jessica hurlait sa douleur, les soeurs/amies en pleurs. Félix était sur le lit recouvert d'un drap blanc. Dans la pièce, Jessica est assise au pied du lit. Les visiteurs viennent par groupe chacun leur tour dans la petite pièce pour réconforter la mère. Pour la plupart, cette visite dure peut être une heure. Ils viennent, attendent leur tour si d'autres sont la. Entrent dans la pièce, y restent plus ou moins longtemps puis repartent chez eux. Ils reviendront le lendemain pour l'enterrement.
Mardi, c'est donc le jour de l'enterrement. Comme ils habitent une maison en location, ils ne peuvent enterrer Félix dans leur jardin comme cela se fait le plus souvent ici. Patrick a donc du choisir un endroit dans le cimetière public, une espèce de pré en bordure du village en haut d'une colline. A part quelques tombes en béton, le reste des tombes est juste un monticule de terre. La plupart envahit par les herbes. Ça donne l'impression enterrés puis oubliés. Seul, parfois, dépasse un reste de croix rouillé ou rongé.
Patrick nous avait dit de revenir le mardi à 10h pour l'enterrement. Mais Patrick est kenyan et était donc un peu perdu à devoir gérer cette situation dans une culture un peu différente de la sienne. En fait la plupart du temps, l'enterrement a lieu en début d'après midi. Avant de partir pour le cimetière nous avons mangé. Puis attendu de nouveau : l'artisan fournisseur de cercueil n'en avait plus à la taille d'un enfant. Il était donc en train d'en faire un. Finalement nous sommes partis vers 15h. Un pick-up a fait plusieurs aller-retours pour amener le cercueil puis la famille et les amis jusqu'au cimetière.
Là, tout le monde est en cercle autour du cercueil. Un très jeune prêtre dit la messe. En fond, plus bas dans la vallée, une autre église organise une fête et on entend par moment les hurlements fanatiques du speaker. Pendant la cérémonie, des téléphones portables sonnent. Personne ne les a éteint ou mis en vibreur visiblement. Certains répondent et s'écartent quelques instants de la cérémonie pour y revenir quelques minutes plus tard. Les femmes sont assises à terre, les hommes restent debout. Le prête explique comment Félix est mort, il résume 'sa vie'. La messe est en kiswahili bien sur. A un moment, le prêtre a prononcé les mots 'tu es poussière et tu retourneras poussières' ce faisant il prenait la pelle et jetait la terre sur le cercueil précédemment descendu. Par 3 fois il a répété cette phrase, phrase suivie à chaque fois du bruit sourd, mat et vraiment glauque de cette terre claquant sur le cercueil, son amplifié par la cavité dans le sol. Après cela, la plupart des hommes et quelques très rares femmes se sont passé la pelle pour reboucher l'excavation. Finalement, les parents ont déposé quelques fleurs sur le monticule de terre et ont planté une croix en bois.
La cérémonie s'est très vite finie après cela. Un membre de la famille a fait un petit discours pour remercier les amis/familles de leurs visites et de leurs présences. Il nous invite à venir à nouveau conforter les parents le soir le lendemain et le sur-lendemain.
Le sur-lendemain c'est aujourd'hui. Il a eu une messe à sa mémoire chez Patrick et Jessica.
A chaque fois, c'est la même chose...
Quand je sors mon « appareil » en « public », et même si je m'écarte un peu du groupe avec lequel je suis, comme la décence et la politesse l'exigent, tout le monde regarde dans ma direction.. Plus précisément, les regards se dirigent vers ce que je tiens dans la main..
S'en suit un court instant de sidération, toute modestie mise à part :), parfois suivi d'une discussion de connaisseurs avec des commentaires plus ou moins flatteurs à mon égard...
Il arrive que l'un ou l'autre se décide à me demander à le voir de plus prés, voire à le tripatouiller. Évidemment, je suis atrocement gêné. D'un autre coté, je sais qu'ils ne voient pas ce genre d' « appareil » si souvent et je comprends que ça peut être intriguant.
Alors la plupart du temps, je les laisse lutiner avec et comparer avec les leurs, souvent à mon avantage je dois bien le reconnaître et ce, malgré cette horrible cicatrice sur le coté intérieur..
Il faut dire que peu de personne ont un Sony Ericsson en Tanzanie. La marque n'est pas très représentée. Du moins dans ma région. Mes collègues et amis ont plutôt des Nokia ou des Samsung.
Certains ont même un Nokia N70. Modèle récent, au top du mobile, qu'ils ont acheté à prix d'or à Mwanza. Ce mobile est au même prix qu'en France, quand on l'achète seul. Mais rapporté aux salaires locaux, même des cadres qui gagnent bien leur vie, ça fait une sacrée dépense.
En Tanzanie, le mobile semble jouer à peu le même rôle que joue parfois la voiture en Europe pour certaines personnes. A savoir une espèce de marqueur social. On peut avoir une idée de l'importance ou/et de la richesse d'une personne à son téléphone. (Le premier discriminant étant a t il un mobile ou non).
Un de mes collègues, cadre du gouvernement local, a ce fameux N70. En Tanzanie, on ne peut pas facilement se servir de toutes les options. D'autre part, il n'utilise pas toutes les capacités de ce téléphone. Mais en tout cas, il se fait un plaisir, lors des réunions de laisser négligemment traîner sur la table son tout beau téléphone.
Bien sur, les plus aisés peuvent se permettre aussi une voiture personnelle mais dans ma région c'est quand même plutôt rare. C'est donc surtout le téléphone qui 'marque' socialement les gens.
Plus on monte dans la 'hiérarchie sociale', plus on a de chance de tomber sur quelqu'un avec un téléphone récent.
Le must étant d'avoir un téléphone récent et en plus difficilement trouvable en Tanzanie.
(photo demain si la connection le permet..)
Il est retraité de la fonction publique depuis une petite dizainé d'année. A l'époque la retraite pouvait etre prise à 50 ans.
Il s'occupe maintenant d'une petite pharmacie privée en centre ville.
Il est aussi le chairman de la commission santé du district. A ce titre, il signe les cartes de membres pour l'assurance santé que le projet met en place.
Il est venu avec nous la semaine dernière pour une mission d'étude dans un autre district qui a mis en place le programme d'assurance santé 'community health fund' depuis plusieurs années.
Les missions de ce type permettent l'échange d'informations et d'idées entre les différents districts.
J'ai donc eu l'occasion de parler à plusieurs reprises de la santé en Karagwe avec Manono.
Selon lui, les choses se sont améliorés depuis son époque. En partie grace au projet.
Il pense en particulier que la mise à disposition de microscopes dans tous les dispensaires a été une amélioration majeure par rapport à son époque. Ca permet notamment de mieux diagnostiquer la malaria et les problèmes de vers intestinaux.
D'après lui, le test SIDA sera aussi bientot fait au niveau des dispensaires, ce qui sera très positifis. Pour l'instant c'est limité au niveau intermédiaire du systeme de santé : les centres de santé (et bien sur l'hopital). Mais à l'avenir ce test sera donc possible au niveau le plus bas, celui des dispensaires. L'année prochaine selon lui.
Au niveau de sa pharmacie, il m'a dit qu'il donnait essentiellement du paracétamol, des antimalaréens et antidiarhées pour vous donner une idée des problèmes de santé ici les plus courants.
Enfin, il m'a dit qu'ici les medecines traditionnelles ne sont plus vraiment suivies et que les gens preferent qd ils en ont les moyens venir au dispensaires. C'est vrai que par rapport au Burkina, j'ai vu bcp moins de 'boutiques" de medicines traditionnelles et jamais personne ne m'en a parlé comme alternative.
Déjà je trouvais que les pluies qu'on se prenait n'étaient pas mal.
Visiblement ca va devenir encore plus fou :)
De mars à mai.
---------------------------------------------------------------------------------------------------------
Long rains here at last
2007-03-14 09:17:50
By Pascal Shao
The Tanzania Meteorological Agency yesterday announced the start of the long rains in the northern coastal areas and the hinterland, including the Lake Victoria Basin, and called on people living in flood-prone areas to move out.
TMA Director General Mohamed Mhita made the announcement at a press conference in Dar es Salaam, when giving a climatic outlook for Tanzania for March to May this year.
`The rains will begin falling around the second week of this month and are expected to range from normal to above normal,`he said.
Most areas would receive normal rainfall but some zones would witness below normal rainfall.
Soil replenishment had improved in Kagera and Kigoma North and would spread to Mwanza and Mara regions next week, he observed.
Dr Mhita said that compounded soil moisture deficits that were experienced throughout the last growing season would persist in Kagera, Mwanza, Mara,Dar es Salaam, Kilimanjaro, Arusha and Manyara, regions as well as parts of Tanga and the Isles.
He advised farmers to grow crop varieties that take short to mature, including cassava, adding: `The weather situation is ideal for moderate crop farming and efforts should be taken against the outbreak of pests such as armyworms that could further reduce crop yields.`
He explained that there was a big possibility of witnessing a slight improvement in pasture conditions and water availability for livestock as well as water levels in dams.
But he warned that there was a need for every drop of water to be conserved and used sparingly, noting: `Farmers are strongly advised to seek more advice from agricultural extension officers.`
- SOURCE: Guardian
Samedi passé, pas celui ci, mais celui d'avant, je suis parti avec tout l'équipe et avec les pontes du districts dans un village près de la frontière ougandaise.
Il s'agissait d'inaugurer officiellement notre systeme de carte. Pour ceux qui parlottent anglais (mais y a des photos aussi :) ), vous pouvez trouver un article online à l'adresse suivante : karagwe.com (sans www). Une bande défile avec ecrit 'inauguration CHF', vous cliquez dessus pour afficher un pdf.
Cette inauguration était très sympathique. Il y a eu bcp de danses et de chants pour sensibiliser les spectateurs ie les habitants des alentours. Des textes de sensibilisation sont données à des groupes de comédiens/danseurs/chanteurs qui interpretent ca durant la cérémonie.
La remise des cartes proprement dite a été écourté à cause de la pluie malheureusement.
Je vais essayer de mettre des videos ou des sons en ligne mais ce n'est pas facile à cause de ma connection.
En attendant vous pouvez toujours jeter un oeil sur les photos suivantes et bien d'autre sur mon compte flicker.
Theme pied donc.. Les enfants devant moi qui regardent le spectacle. Au milieu, des chaussures en feuilles de bananes, chausses traditionnelles des guerriers d'autrefois. Et à droite, les enfants déguisés en guerrier qui donnent un spectacle sur l'interet des cartes de santé que distribuent le projet.
Le spectacle theatre et le spectacle de danse.
Jaune et vert, ce sont les couleurs du parti du président. Sur les jupes, le portrait du président actuel.