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Du site web de la CTB :
La décentralisation, clé d’accès à plus de démocratie
La réforme des administrations locales en Tanzanie
Depuis une dizaine d’années, la ‘décentralisation’ apparaît souvent comme la formule qui permettra d’améliorer les services publics au Sud et de garantir plus de démocratie pour les citoyens. Évidemment, la ‘décentralisation’ n’est pas la panacée pour tous les pays en développement et heureusement, des variantes très diverses sont appliquées dans les différents pays. La Tanzanie vit depuis la fin des années ‘90 son propre processus de décentralisation, qui connaît un succès grandissant.

La Belgique est un des partenaires du programme de réforme des administrations locales (Local Government Reform Programme - LGRP). Ce programme de réforme, auquel la Belgique apporte depuis 2007 une assistance technique, a été élaboré en 1997, quelques années après l’introduction du pluripartisme en Tanzanie. La clé de cette stratégie de réforme est la 'Decentralisation by Devolution'. Le but est de rendre les autorités de district responsables du développement économique et social, à l’aide de la décentralisation des responsabilités et des moyens du niveau national vers le niveau des districts. De meilleurs services publics doivent ainsi également se mettre en place, avec une responsabilité accrue envers les citoyens.
Un élément important de cette réforme est le Local Government Capital Development Grant (LGCDG). Ce système a été mis en place début 2005 en tant que petit paquet de subsides multisectoriels pour 47 districts, et a déjà été étendu à l’ensemble des 132 districts après 3 ans. Tous les ans, des fonds sont attribués à chaque district à des conditions identiques, sur base des chiffres de population, de la surface et du nombre de personnes vivant sous le seuil de pauvreté. Le district peut alors utiliser ces fonds en fonction de ses propres priorités afin de mettre en oeuvre des plans de développement locaux.
De cette manière, les communautés locales ont accès à de meilleurs services publics et les autorités locales ont l’occasion de développer leurs propres capacités. Le système de subsides comprend également des allocations sectorielles, comme pour l‘agriculture ou les travaux hydrauliques. Même au sein de ces secteurs, les autorités locales peuvent définir leurs propres priorités dans de certaines limites. L’objectif est que d’ici 2010, un quart du budget public national passe directement aux districts.
Ces transferts financiers aux autorités locales contribuent activement à la démocratisation et à la lutte contre la corruption en Tanzanie. Les conseils de districts doivent maintenant décider eux-mêmes de la façon dont les fonds sont utilisés, et doivent justifier leurs choix envers les citoyens. Ce système offre plus de liberté aux districts pour définir eux-mêmes les priorités afin de mener une politique adaptée aux nécessités locales. En même temps, le citoyen reçoit la possibilité de contrôler la façon dont les fonds sont utilisés et il peut en tenir le conseil de district responsable. Ceci contribue à la lutte contre le détournement des fonds publics.
Le système de subsides est entièrement géré par les autorités tanzaniennes. Ce sont également les autorités centrales qui définissent les conditions auxquelles les districts doivent répondre pour recevoir des fonds. La contribution des donateurs internationaux est strictement financière.
Le système de subsides tanzanien est donc en totale conformité avec la Déclaration de Paris, qui vise un alignement maximum des différents donateurs avec les procédures et instituts nationaux ainsi qu’un leadership marqué du pays partenaire dans sa propre politique de développement.
Par le biais du programme de coopération 2003-2007, la Belgique a libéré 10 millions d’euros afin d’appuyer le système de subsides. Les autres donateurs sont l’Union européenne, les Pays-Bas, La Norvège, la Finlande, la Suède, l’ Allemagne et l’ Irlande.
-------------------------------------Bon ca c'est la théorie. Au niveau des districts, tout ne se passe pas aussi facilement qu'on en a l'impression dans cet article.
Par exemple, en ce moment, il y a des problèmes dans mon district au niveau des écoles secondaires. Elles étaient gérées au niveau central jusqu'à présent et passent en ce moment au niveau du district. Mais la gestion de ce passage n'est pas évidente. Personne n'a plus l'air de savoir qui est vraiment responsable. Du coup, l'affection de nouveaux prof dans les différentes écoles est retardée et d'après ce que j'ai compris ils n'ont pas vraiment d'idée qd et comment ca va être réglé. Cela dit, c'est un problème d'ajustement compréhensible..
La rue africaine ne parle que de cela : les prix des denrées quotidiennes sont devenus fous. En quelques mois, la conjonction des hausses du blé, du riz, de l'huile sur les marchés mondiaux, de médiocres récoltes locales et l'absence de contrôle des prix, a accru les tensions sociales et compromis la stabilité politique.
Spectaculaire dans les villes africaines mais prégnante aussi en Asie, la flambée des prix a confirmé les propos de Jacques Diouf, le directeur général de l'Organisation des Nations unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO) prophétisant, dès octobre 2007, des "émeutes de la faim" alors que le prix moyen d'un repas de base a augmenté de 40 % en une année."Beaucoup de gens ne mangent plus qu'un plat par jour", entend-on à Dakar. "Avec 1 500 francs CFA (2,25 euros) pour nourrir ma famille, je ne sais plus quoi faire", dit une ménagère sur un marché de Bamako, au Mali.
De Douala (Cameroun) à Abidjan (Côte d'Ivoire) et du Caire (Egypte) à Dakar (Sénégal), les manifestations de rues secouent les capitales africaines et contraignent les gouvernants à prendre des mesures pour contrôler les prix.
"Gbagbo, marché est cher", "Gbagbo, on a faim", clamaient lundi 31 mars des femmes d'Abdidjan à l'adresse du président ivoirien. Des affrontements avec la police ont causé la mort d'au moins deux personnes. De fait, le prix du kilogramme de riz est passé de 250 à 650 francs CFA (de 0,22 à 0,97 euro) au cours de l'année ; celui de l'huile a augmenté de plus de 40 %. Le savon, le lait, la viande ont suivi, ce dont ne rendent pas compte les chiffres officiels (8 % d'inflation en 2007 pour l'ensemble du continent noir). "Dans les pays de la zone CFA, la hausse serait encore plus importante si le franc CFA n'était pas accroché à l'euro, une devise forte. Le coût des importations en est diminué d'autant. Les pays dont la monnaie est accrochée au dollar souffrent davantage", assure un économiste de l'Agence française de développement (AFD).
Suppression des droits de douane et baisse de la TVA : le chef de l'Etat ivoirien, comme ses homologues camerounais, sénégalais ou égyptien confrontés eux aussi à la rue, s'est engagé à faire baisser les prix en jouant sur les rares leviers que l'Etat maîtrise encore. La recette n'est pas de celles que le Fonds monétaire international (FMI) et la Banque mondiale préconisent car elle pèse sur les finances publiques.
Seule la gravité de la situation a amené les institutions financières à se montrer plus accommodantes vis-à-vis des pays en développement. Le gouvernement égyptien a ajouté une mesure plus radicale : l'interdiction temporaire d'exporter le riz produit localement.
Aucun pays n'est à l'abri de troubles. A Dakar, une manifestation interdite "contre la vie chère" a dérapé dimanche 30 mars, trois mois après l'annonce de mesures pour contenir l'inflation : suppression de taxes sur le riz, création de "magasins témoin" exemplaires par la modération de leurs prix, diminution du traitement des ministres et même du chef de l'Etat. Les mesures n'ont pas produit l'effet escompté. "Les commerçants n'ont pas joué le jeu et l'Etat n'a plus les moyens de contrôler", constate Mamadou Barry, de l'ONG sénégalaise Enda.
Au Maroc, secoué lui aussi par des manifestations "contre la vie chère", des rassemblements sont prévus en avril. La marge de manoeuvre du gouvernement est réduite. Cas rare en Afrique, une "caisse de compensation", prend partiellement en charge, au Maroc, la hausse des produits de première nécessité mais son enveloppe, augmentée dans le budget 2008, sera épuisée cet été.
En Mauritanie où l'autosuffisance alimentaire ne dépasse pas 30 %, la situation est encore plus dramatique. Incapable de financer l'importation de denrées agricoles, le pays va connaître "une crise alimentaire sérieuse en 2008", a prévenu le Programme alimentaire mondial (PAM) des Nations unies.
Au Burkina Faso, une commission parlementaire "contre la vie chère" a été installée après les manifestations de la mi-mars dans plusieurs villes . Les syndicats appellent à une "grève générale" les 8 et 9 avril pour réclamer des augmentations de salaires, le contrôle des prix et la réduction des taxes sur les carburants.
Conseiller pour l'Afrique au Fonds monétaire international (FMI), Eugène Nyambal estime que la situation est le résultat des politiques prônées par les institutions financières internationales. Depuis des décennies elles ont encouragé les cultures d'exportation comme le coton, au détriment des cultures vivrières qu'il était plus avantageux d'acquérir, à bas prix, sur le marché international. Elles ont aussi poussé au démantèlement des structures de contrôle des prix. "La plupart de ces pays attendent des solutions de la Banque mondiale ou du FMI qui sont eux-mêmes dépassés par les évolutions récentes", ajoute-t-il, insistant sur les conséquences des troubles actuels sur les régimes en place qui n'ont pas développé de politique de soutien à l'agriculture locale. Jeudi soir, à l'occasion de la fête de l'indépendance, le président sénégalais Abdoulaye Wade a ainsi annoncé la relance d'un "programme national d'autosuffisance" agricole.
La Banque mondiale a fait amende honorable dans son dernier rapport annuel et mis l'accent sur la renaissance des cultures vivrières. Il faudra des années pour modifier le modèle de développement.
Source :
Deux articles du Monde qui parlent du dernier rapport sur le développement de l'OCDE.
En même temps, c'est un peu drôle ce rapport, vu que c'est l'OCDE qui pose les bases 'théoriques' de l'aide qui sont ensuite reprises par les différents pays et coopérations.
Donc si ça marche pas si bien, ca vient aussi de là.
Pour les plus motivés, le lien pour trouver ce rapport est ici.
Bonne lecture.
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L'aide au développement n'est pas adaptée aux besoins
Oui, les 104,4 milliards de dollars (71,2 milliards d'euros) dépensés en 2006 par les vingt-deux membres du Comité d'aide au développement (CAD) de l'Organisation de coopération et de développement économique (OCDE) ont amélioré les conditions de vie des populations les plus pauvres.
Le pourcentage des personnes vivant avec moins de 1 dollar par jour a baissé, passant de 29,6 % de la population mondiale en 1990 à 19,4 % en 2004. Le taux de scolarisation dans le primaire est passé, dans le même temps, de 79 % à 86 %. Le nombre de décès imputables à la rougeole est revenu de 757 000 en 2000 à 242 000 en 2006, soit un recul de 68 % - et même de 91 % pour l'Afrique subsaharienne seule.
Mais ces progrès ne suffisent pas, malgré les efforts pour rendre l'aide plus efficace. Telles sont les principales conclusions du Rapport 2007 sur le développement de l'OCDE publié jeudi 14 février.
Car "l'aide publique au développement", ces subventions versées par les pays riches sous diverses formes aux pays pauvres, connaît des hauts, des bas et de nombreuses ambiguïtés.
Par exemple, les Etats-Unis sont bien les plus généreux en chiffre absolu, mais si on rapporte leur contribution au produit intérieur brut, ils figurent en queue de peloton et laissent aux pays nordiques, Suède en tête, la palme du volontarisme et à l'Irlande le ruban bleu de la plus forte progression en une seule année (+ 36,9 %). La France figure un peu au-dessus de l'aide moyenne des pays donateurs.
Qui plus est, Richard Manning, président du CAD, souligne dans sa présentation du rapport qu'il faut relativiser ces chiffres. Les 7 milliards de dollars attribués au total à l'Irak en 2005 et en 2006 faussent la perspective. Et les annulations de dette (une trentaine de milliards de dollars majoritairement destinés à l'Irak et au Nigeria) améliorent certes le crédit des pays qui en bénéficient, mais ne leur apportent pas d'argent frais.
C'est d'ailleurs l'épuisement progressif de ces annulations de dettes qui explique que le montant total de l'aide publique mondiale ait reculé d'un maximum de 107,1 milliards de dollars atteints en 2005 à 104,4 en 2006. Et un nouveau recul pour 2007 doit être annoncé au printemps.
M. Manning prévient que les vingt-deux pays donateurs du CAD auront beaucoup de mal à tenir leurs promesses d'aide effective (hors aide humanitaire, allégements de dette, coûts administratifs de l'aide, coûts de réfugiés et des étudiants) à l'horizon 2010. Pour être au rendez-vous, il leur faudrait augmenter chaque année cette aide de 12 %, ce qui semble hors de portée dans ces temps où l'équilibre budgétaire prime.
L'aide des Etats est devenue plus efficace, à l'exemple de celle du Royaume-Uni qui, depuis 2002, a adopté une loi donnant un mandat clair et un rôle de chef de file au "Département pour le développement international" au sein du gouvernement. Le Royaume-Uni s'interdit dorénavant de recourir à l'aide au développement pour obliger les pays bénéficiaires à passer des contrats d'approvisionnement auprès d'entreprises britanniques.
L'EXEMPLE DE LA SANTÉ
Le domaine de la santé illustre les évolutions contrastées de l'aide. Les apports de fonds y sont passés de 6 milliards de dollars en 1999 à 13,4 milliards en 2005. Ce gonflement a été le fait de nouveaux acteurs et de nouveaux partenariats mondiaux, tels l'Alliance Gavi (vaccins), le Fonds mondial de lutte contre le sida, la tuberculose et le paludisme (FMLSTP), l'Emergency Plan for AIDS du président Bush ou la Fondation Bill et Melinda Gates. Ces nouvelles structures, qui veulent apporter l'aide au plus près des besoins et si possible sans intermédiaires éventuellement prédateurs, apportent le quart de l'aide publique à la santé.
Mais ce foisonnement risque paradoxalement d'aggraver la situation sur le terrain. Le rapport du CAD note en effet que ces fonds privilégient des domaines (le sida, par exemple) qui ne correspondent pas aux priorités des gouvernements des Etats destinataires. Ainsi, au Rwanda, le fonctionnement des hôpitaux ou la formation des personnels de santé restent sans moyens. "Il est impératif de veiller à l'appropriation locale", notent les auteurs du rapport, où l'on peut lire que le principal défaut des interventions destinées aux victimes du tsunami de 2004 était la méconnaissance du contexte local dont ont fait preuve les organismes distribuant l'aide. La générosité n'exonère pas du devoir d'intelligence.
Enfin, François Bourguignon, directeur de l'Ecole d'économie de Paris et ancien économiste en chef de la Banque mondiale, a commenté le rapport du CAD en appelant à se méfier d'une recherche de l'efficacité à tout prix. "Ce sont les pays fragiles, où l'aide est la moins "efficace" en raison de leur difficulté à l'utiliser qui en ont le plus besoin, a-t-il souligné. Leur imposer des conditions sévères de gouvernance pour l'octroi de l'aide publique conduirait à laisser ces pays très pauvres sur le bord du chemin, ce qui serait inacceptable."
-----------------------------------------------------Une aide à repenser
Doivent faire plus et mieux. Telle est la principale conclusion qui s'impose à la lecture du rapport de l'Organisation de coopération et de développement économique (OCDE) sur l'aide publique au développement. Certes les pays riches donnent davantage qu'auparavant. Une centaine de milliards de dollars en 2006. Mais si l'on enlève les remises de dettes et le cas particulier de l'Irak, les versements nets des pays de l'OCDE n'atteignent que 70 milliards de dollars, contre 57 milliards en 2002. Les "objectifs du Millénaire" fixés par l'ONU en 2000, notamment la diminution de 50 % de la pauvreté en 2010, ne seront pas atteints. Cela nécessiterait 25 milliards de dollars supplémentaires d'ici à deux ans. Les pays riches n'y sont pas prêts.
Faire plus s'impose. Mais cela ne suffit pas. Il faut également repenser l'aide au développement. Trois évolutions récentes l'exigent. La première est que les pays riches n'ont plus le "monopole du coeur". De la Fondation Bill et Melinda Gates (qui apportera 3 milliards de dollars par an) à de nouveaux pays donateurs comme le Vietnam, les sources de financement se multiplient. Même en Occident, l'aide change. Les opinions publiques privilégient des dons ciblés, comme l'ouverture d'un hôpital ou d'une école plutôt qu'une aide à un gouvernement, dont ne sait trop dans quelle poche elle tombe réellement. Cette fragmentation de l'aide est-elle source d'efficacité ou au contraire de gaspillages et de doublons ? Les deux thèses coexistent.
Deuxième raison : en 2000, les objectifs du Millénaire reposaient sur un consensus implicite, à savoir que pour sortir de la pauvreté, les pays les moins avancés devaient avant tout participer à la mondialisation des échanges. Si cela reste vrai, des voix de plus en plus nombreuses estiment que l'on a mis la charrue devant les boeufs : sans infrastructures et sans politique sanitaire dignes de ce nom, impossible, pour les pauvres, de profiter de la globalisation.
La troisième raison est le réchauffement climatique. La lutte contre la pauvreté et celle contre le réchauffement de la planète ont jusqu'ici été traitées séparément. A tort, ne serait-ce que parce que les pauvres seront les premières victimes des aléas du climat. Bono et Al Gore, les deux figures emblématiques de ces engagements citoyens, conviennent qu'ils doivent travailler ensemble. C'est le grand dossier de 2009.
Sur ces questions, il y a une absente de taille : l'Europe. Les pays européens restent pourtant les principaux donateurs de la planète. Malheureusement, chacun gère ses intérêts - schématiquement, chacun a ses pauvres -, et l'Union n'a pas voix au chapitre. Pourtant, comme dans d'autres domaines, si elle veut demain exister face aux Etats-Unis et à la Chine, elle n'a pas d'autre choix que d'unifier ses pratiques.